ElAzami El Idrissi: ‘’nous travaillons pour être premiers’’, le PJD affiche ses ambitions et promet des surprises

Le PJDtraversedepuis 2021 l’unedescriseslesplus profondesdesonhistoire. Deuxvictoiresélectorales consécutives en 2011 et 2016, dix ans à la tête du gouvernement, puis un effondrement brutal où le parti est passé de 125 à 13 sièges. Un résultat sans précé dent dans l’histoire politique marocaine, qui a laissé le parti exsangue, sesmilitantssonnés, etsacrédibilité entamée.
Àcinq mois des législatives de septembre 2026, le PJD tente de se reconstruire et affiche des ambitions que beaucoup jugeraient démesurées. Driss El Azami El Idrissi, premier vice-secrétaire général du parti, était
l’invitédu “12/13” de Médias 24. Entre autocritique
mesurée, critiqueacéréedubilangouvernementalet

ambitionsélectoralesassumées,ildéfendlatrajectoire d’un parti qui entend faire de 2026 sa revanche.
Interrogé frontalement sur l’effondrement du PJD – de 125 sièges en 2016 à 13 en 2021 –, Driss El Azami El Idrissin’esquivepas,maisnuance.”Nousassumonsune part de responsabilité, et nous ne nous cachons pas
derrière quoi que ce soit. Mais ce résultat n’a jamais existédansl’histoirepolitiquemarocaine.J’aiposéla question à l’intelligence artificielle : aucun parti au
monden’estpasséde125à13sièges”.

Pourlui,l’explicationestdouble:unepartincombeau partilui-même,uneautreàdesforcesextérieures.”Ce qui s’est passé, le travail qui a été fait pour faire
descendre le PJD de 125 à 13, c’est à ceux qui l’ont fait qu’ilfautallerledemander.Danslesmédias,lePJDet

Sur l’absence d’un bilan interne approfondi après le scrutin,ilexpliquelechoixdel’époque:”Lemoraldes militantsétaitauplusbas.S’asseoirpoursedire’tuas
faitci,tuasfaitça’…nousavonspréféréregarderdevant nous”.
La préparation électorale : toutes les circonscriptions couvertes

ElAzamidistinguenettementlesdeuxgouvernements
dirigésparlePJD.Lepremier,sousAbdelilahBenkirane, a été marqué selon lui par une cohésion interne et des
réformesstructurellesmajeures.”LaréformedelaCaisse de compensation et la libéralisation des prix des
carburantssontdesréformesquelesgouvernements
précédentsavaienttoujoursreportées.Ellesontpermis
deconsolidernotrecadremacroéconomiqueetd’envoyer un signal aux investisseurs internationaux”. Le mandat

Comment,désormais,lepartiseprépare-t-ilpourl’avenir
?Lepremiervice-secrétairegénéralduPJDexpliqueque, sur le plan organisationnel, le parti est déjà en ordre de bataille. “Depuis début avril, nous tenons les assemblées générales provinciales de nos membres, circonscription
parcirconscription.Surles92circonscriptionslocaleset
les 12 circonscriptions régionales, nous en avons déjà tenu64.Lescandidatssontproposésparlesmilitants

ElAzamiconfirmequelePJDseraprésentdans
l’ensembledescirconscriptions,localesetrégionales.

Renouvellementdesvisages:uneréponseprudente

Pressé sur la question du renouvellement des figures du parti – le même cercle de dirigeants revenant de mandat enmandat–,ElAzamirefusededévoilerdesnomsavant latenuedesinstancesdevalidation.”Jedoisrespecterles assemblées générales et l’instance de validation. Nous
n’avonspasde”moulchkara”quidésignelespersonnes. Cesontlesmilitantsetlesmilitantesquichoisissent,qui débattent et qui font remonter les propositions”.
Ilpromettoutefoisdessurprises.”Ilyauradenouveaux visages.Vousserezsurpris.Maisjenepeuxpasvousles donner avant que l’instance de validation ait statué”.

Interrogé sur le programme du PJD, ses réponses peuvent se résumer comme suit : faire mieux et différemmentqueAzizAkhannouch.ElAzamilivreune critique détaillée de la politique économique du gouvernement Akhannouch. Sur la Charte de l’investissement, il est cinglant. “La Charte de l’investissement a été présentée comme une avancée majeure. Nous disons qu’elle a bloqué l’investissement privé. Sur 500 milliards de dirhams d’investissement
annoncésencommission,pasundirhamdesoutienn’a été décaissé”, affirme-t-il.
Ilpointeégalementleconflitd’intérêts,affirmantqueles opérateurs économiques “se plaignent que ce soient
toujourslesmêmesquiremportentlesmarchés”.

Ambitionsetalliances:capsurlapremièreplace

Sur la polémique de l’heure d’été, El Azami assume pleinementlapositionduparti.”Nousavonspubliéun communiqué officiel appelant à l’abolition de l’heure
supplémentaire et au retour à l’heure légale. Oui, cette mesure a été prise sous notre gouvernement. Nous le reconnaissons.Maisunpartiresponsabledoitrépondre aux attentes des citoyens. Hier encore, la ministre de
l’Économieareconnuquecetteheuren’étaitpasadaptée,
notammentenpériodedefroid”.

Surlesambitionsduprochainscrutin,ElAzaminecache pas l’objectif : “Nous travaillons sincèrement pour être premiers. Et si un parti ne travaille pas pour être premier, il devrait rassembler ses affaires et partir”.
Questionnésurlapossibilitéderetrouverles125sièges,il
répond:”Inch’Allah”.

Surlesalliancespost-électorales,ilcitedesaffinités
naturelles–avecl’Istiqlal,leMouvementPopulaire,le PPS –, mais se refuse à tout engagement avant de
connaîtrelesrésultats.”C’estleConseilnationalqui
décidera,paslesecrétariatgénéral.Nousironsavecune proposition, le Conseil national tranchera”.

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